Mise à jour sur le processus de négociation de la Zone de
libre-échange des Amériques (ZLEA)
Groupe de travail III
Deuxième réunion plénière
Panama, 20-21 février 2003
Table des matières
Mise à jour sur le processus de négociation
de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA)
Par Peter E. Kirby
Partie I
Bilan : Létat des négociations en 2003
Quito,
novembre 2002 : La Septième réunion ministérielle
Le
1er novembre 2002, les ministres responsables du commerce des
34 pays de la ZLEA se sont réunis à Quito, en Équateur,
à loccasion de la Septième réunion ministérielle,
pour faire le point sur létat des négociations et établir
des lignes directrices en vue de leur phase finale.
Présidence conjointe
des É.-U. et du
Brésil
Dans
un geste dune importance symbolique particulière visant à
souligner de façon concrète leur engagement à légard
du processus de la ZLEA, le Brésil et les É.-U. ont accepté
dassumer conjointement la présidence de la dernière
étape (novembre 2002 à 2004) des négociations de la ZLEA.
Les É.-U. et le Brésil sont deux pays dont la participation
est considérée comme essentielle au processus de la
ZLEA et dont lengagement a parfois été mis en doute.
Au tout début du processus, le manque de latitude accordé
aux représentants américains en matière de négociations
commerciales a nui aux efforts des É.-U. pour participer de façon
crédible aux négociations, tandis que le Brésil était
perçu comme un pays qui ne croyait guère aux avantages de
la ZLEA. Le fait que le Brésil et les É.-U. aient accepté
dassumer la présidence conjointe de la dernière étape
des négociations est un message très clair aux autres membres
et au reste du monde que la ZLEA est vraisemblablement sur le point
de voir le jour.
Publication
du deuxième projet
de texte
Tout
de suite après la Septième réunion ministérielle,
le deuxième projet de texte codifié de lAccord a été
rendu public. Il peut être consulté à ladresse
Internet suivante :http://www.ftaa-alca.org/alca_f.asp.
Alors que la publication du premier projet de la ZLEA était considérée
comme un jalon important pour accroître la transparence du processus
de négociation, la publication du deuxième projet permettra
aux parties intéressées de se faire une meilleure idée
de lorientation prise par les négociations. À linstar
du premier projet, le deuxième est plein de passages entre crochets,
qui indiquent que les parties ne se sont pas encore entendues sur le
libellé. Le deuxième projet donne toutefois une bonne idée
de la portée prévue du texte final.
Les
subventions agricoles ont toujours été une pomme de discorde
dans le processus de négociation. Cela est particulièrement
vrai depuis que les É.-U. ont haussé de 80 % leurs subventions
agricoles en mai 2002. Dautres gouvernements de la région,
qui ne peuvent se permettre dêtre aussi généreux
que le Congrès américain, craignent que louverture des
marchés à des produits agricoles pouvant faire lobjet
dimportantes subventions à lexportation entraînera
la ruine des petits agriculteurs et la débâcle du marché
agricole intérieur. La plupart des petits producteurs agricoles
sont tout simplement incapables de soutenir la concurrence, étant
donne le niveau de subvention actuellement en vigueur aux É.-U.
Au cours de la réunion,
les pays membres ont réaffirmé la nécessité de mettre
fin aux subventions à lexportation et aux autres pratiques
destructrices qui nuisent aux produits agricoles et à leur commerce.
Le ministre du Commerce du Venezuela, Ramón Rosales, sest
réjoui de linclusion de cette question dans la Déclaration
de Quito et la qualifiée de réel progrès
ce sujet avait été exclu de la Déclaration ministérielle
de la ZLEA de Buenos Aires en avril 2001. Selon lui, « il est explicitement
reconnu que nous ne commencerons pas à réduire les droits
tarifaires applicables aux biens agricoles sans avoir préalablement
trouvé une solution au problème des subventions et aux autres
formes daide intérieure au secteur agricole ».
Directives
fermes concernant le calendrier des négociations
Les
ministres ont donné des instructions explicites aux Groupes de
négociation pour quils établissent des calendriers de
travail qui permettent de respecter les délais fixés pour
lentrée en vigueur de lAccord sur la ZLEA. Ainsi, tous
les membres doivent présenter leurs avant-projets de propositions
commerciales dici le 15 février 2003. Ils ont ensuite du 16 février
au 15 juin 2003 pour examiner les offres reçues et présenter
des demandes damélioration. Toutes les demandes damélioration
doivent être remises avant le 15 juin 2003. Les membres entameront
alors le processus de présentation des offres révisées
et les négociations subséquentes concernant les améliorations
sétaleront jusquau 15 juillet 2003, lobjectif étant
davoir tout terminé pour le sommet du Brésil à
la fin de 2004.
Le nouveau gouvernement
brésilien a déjà fait savoir quil ne respectera
pas le délai du 15 février 2003 pour le dépôt des
premières offres.
Lancement
du Programme de coopération des
hémisphères
La
Déclaration de Quito annonce le lancement du Programme de coopération
des hémisphères (PCH). Le PCH est un vaste programme de renforcement
des capacités commerciales visant à venir en aide aux petits
pays et aux pays en développement de la région pour leur permettre
de pleinement participer aux négociations de la ZLEA et de tirer
le meilleur parti possible des accords de libre-échange dans les
hémisphères. Les pays désireux dobtenir une aide
technique prépareront des stratégies pour définir leurs
besoins dans trois domaines : participation aux négociations, mise
en uvre des engagements découlant de la ZLEA et rajustement
économique lié à la ZLEA et à lintégration
économique. Le programme daide technique pourra comprendre
de la formation à lintention des représentants gouvernementaux,
des programmes pour faciliter la coordination des politiques commerciales
dun organisme gouvernemental à lautre, létablissement
ou lamélioration dinstitutions statistiques et analytiques,
des programmes de développement commercial et des programmes de
réforme réglementaire dans des domaines comme les systèmes
de perception des recettes, la protection environnementale et la politique
de concurrence.
Robert Zoellick, représentant
américain au Commerce, a indiqué que son pays allait sefforcer
daccroître le montant alloué à ce projet pour le
faire passer à 140 millions de dollars US.
Commerce
et environnement
La
portée des accords commerciaux sur lenvironnement a toujours
été un enjeu important des négociations. Bon nombre,
si ce nest la totalité, des groupes écologistes sopposent
à la ZLEA sous prétexte quà leur avis, les accords
commerciaux internationaux contribuent à la détérioration
de lenvironnement et à lépuisement des ressources.
Les ministres reconnaissent limportance de ce débat et la
nécessité de concilier le commerce, le développement
et les politiques environnementales.
Dans la Déclaration
de Quito, les ministres réitèrent leurs objectifs généraux
de faire en sorte que les politiques de libéralisation du commerce
et les politiques environnementales sappuient mutuellement et
de promouvoir le développement durable dans lhémisphère.
Ils y reconnaissent aussi limportance de renforcer les interventions
nationales et la coopération afin que les avantages de la libéralisation
des échanges et les considérations liées à la protection
de lenvironnement et à la santé humaine sappuient
mutuellement.
Commerce
et main-doeuvre
Linteraction
entre les accords commerciaux internationaux, comme la ZLEA, et les
normes internationales du travail et les droits en la matière a
été un enjeu et un sujet de préoccupation constant pour
les syndicalistes. Les parties à lALENA ont conclu un accord
subsidiaire en matière de main-duvre qui leur permet
de continuer à appliquer leurs propres normes du travail sans avoir
à se plier à la discipline internationale quant au niveau
de protection choisi par un État particulier. Un mécanisme
de surveillance internationale a toutefois été prévu
pour repérer les pays de lALENA qui omettent dappliquer
leurs propres lois du travail. Ainsi, la teneur des lois dun pays
en matière de main-duvre est laissée à sa
discrétion. Toutefois, il est permis dexercer une certaine
surveillance internationale pour sassurer que les lois nationales
sont appliquées.
Dans la Déclaration
de Quito, les ministres réitèrent leur position en faveur
du maintien des questions de main-duvre à lextérieur
des accords commerciaux ainsi que leur engagement à observer et
à promouvoir les normes du travail fondamentales reconnues internationalement.
Ils reconnaissent toutefois que lOrganisation internationale du
Travail est lorganisme compétent pour promouvoir et établir
ces normes du travail fondamentales et en décider.
Le
Comité des Représentants gouvernementaux sur la participation
de la Société civile du Comité des négociations
commerciales a été créé à la réunion de
mars 1998 à San Jose, au Costa Rica, afin de recevoir et danalyser
les contributions de différents secteurs de la société
en rapport avec la ZLEA et den faire part au Comité des négociations
commerciales. Dans son rapport de Quito, le Comité indique quil
a reçu des mémoires en ce qui ce qui a trait aux questions
suivantes : laccès au marché, lagriculture, les
investissements, les subventions, les droits antidumping et compensateurs,
les politiques de concurrence, les droits de propriété intellectuelle,
le règlement des différends, les marchés publics, les
services, le Comité lui-même, les questions touchant les économies
de petite taille, le commerce électronique et les enjeux institutionnels.
Au terme
dune suite dévénements sans précédent
et en réponse aux protestations et aux pressions de différents
groupes militants, les ministres du Commerce ont convenu dautoriser
un groupe de 50 protestataires à entrer dans la salle où se
tenait leur réunion pour faire lecture dune déclaration
dopposition à la ZLEA. Les ministres du Commerce ont aussi
entendu un discours dans lequel des parlementaires de 11 pays ont demandé
à leurs ministres respectifs de « rejeter la ZLEA et de rappeler
leurs négociateurs sur-le-champ ».
Lignes directrices
relatives au traitement des écarts dans
le niveau de développement
et la taille des économies
Les
ministres ont réaffirmé leur engagement à tenir compte
des écarts dans le niveau de développement et la taille des
économies des 34 pays membres du groupe. Ils ont publié un
document pour aider ces économies à participent pleinement
à lélaboration de laccord et en tirer parti. Ce
document énonce des principes généraux applicables aux
méthodes et aux modalités de négociations dans les domaines
de laccès aux marchés, de lagriculture, des investissements,
des services et des marchés publics.
Au
forum pour la société civile sur les droits de propriété
intellectuelle (DPI) et la biodiversité dans les Amériques,
tenu à Quito les 29 et 30 octobre, les participants ont convenu
que lavant- projet de chapitre de la ZLEA portant sur les DPI,
dans son libellé actuel, était essentiellement mal équilibré
pour les pays en développement et faisait fi de bon nombre des
préoccupations de la société civile en rapport avec les
DPI. Ils ont conclu que ce chapitre irait à lencontre des
principes de développement durable, sil ny était
pas suffisamment tenu compte des questions comme le lien entre les DPI
et les ressources génétiques, la protection du savoir traditionnel
et la réglementation de la concurrence à lintérieur
des régimes de propriété intellectuelle. Selon un participant,
ces conclusions témoignent de lurgent besoin dune réforme
en profondeur du chapitre de la ZLEA portant sur la propriété
intellectuelle et du régime international de DPI, de façon
à tenir compte des préoccupations relatives à lenvironnement,
au développement et à lintérêt public.
Partie II Règlement
des différends en vertu de lALENA : Un long et tortueux
chemin pour les camions mexicains
18 décembre 1992
Signature de lALENA
Signé
le 18 décembre 1992, lALENA est entré en vigueur le 1er janvier 1994.
En vertu de lannexe 1 de lALENA, les parties sont tenues
déliminer progressivement certaines réserves quant aux
articles 1102 et 1202 (traitement national) et aux articles 1103 et 1203
(traitement de la nation la plus favorisée). En ce qui a trait
aux services de camionnage transfrontières, lannexe 1 prévoit
quun ressortissant mexicain pourra obtenir lautorisation
dexploiter des services de camionnage transfrontières dans
les États frontaliers trois ans après la signature de lALENA,
cest-à-dire le 18 décembre 1995, et des services de camionnage
transfrontières partout aux États-Unis, six ans après
lentrée en vigueur de lALENA, cest-à-dire
le 1er janvier 2000.
Les États-Unis et
le Mexique conviennent (i) de permettre à leurs entreprises respectives
doffrir des services de camionnage transfrontières et (ii) de
lever les restrictions à légard des investissements
dans des entreprises de camionnage engagées dans le transport de
marchandises internationales. Les obligations en matière de camionnage
transfrontières sont conçues de manière à être
progressivement éliminées à compter de la fin de 1995,
pour aboutir à une libéralisation totale le 1er janvier 2000.
Le Mexique et les États-Unis conviennent que les restrictions à
légard du camionnage transfrontières entre les États-Unis
et les États frontaliers du Mexique, de même que certaines
restrictions touchant les investissements prendront fin le 18 décembre 1995.
En décembre 1995, le
Département américain des Transports annonce toutefois son
intention de retarder le traitement des demandes dentreprises
de camionnage mexicaines jusquà ce que les préoccupations
des États-Unis en matière de sécurité soient prises
en compte. Les États-Unis maintiennent également lapplication
des restrictions à légard des investissements mexicains
dans des entreprises de camionnage américaines.
Afin de donner suite aux
problèmes de sécurité, le Département américain
des Transports et lorganisme mexicain responsable des transports
mettent sur pied un programme de travail coopératif pour améliorer
le régime de réglementation nationale du Mexique et accroître
léchange dinformation sur la sécurité. Ce
programme de travail coopératif ne règle pas le différend.
Décembre 1995
Le Mexique demande des consultations
Le
Mexique décide de contester en vertu de la procédure de règlement
des différends de lALENA le moratoire américain sur
lémission de permis aux entreprises de camionnage mexicaines
et les restrictions à légard des investissements mexicains
dans des entreprises américaines de transport. Il entreprend de
demander la tenue de consultations officielles à la fin de décembre 1995.
Dans une lettre en date du 18 décembre 1995, le secrétaire au
Commerce et à lIndustrie du Mexique, Herminio Blanco, demande
des consultations avec le représentant américain au Commerce
alors en poste, Michael Kantor, en application de larticle 2006
de lALENA.
Lambassadeur Kantor
lui répond que les États-Unis ne voient pas quelle action
réelle ou envisagée de leur part peut justifier la formulation
dune demande de consultations en vertu du chapitre 20. Il fait
également savoir que lengagement de procédures en vertu
du chapitre 20 risque dinfluer défavorablement sur les travaux
en cours des fonctionnaires américains et mexicains responsables
des transports au sujet des mesures susdites.
À la lumière
de lobligation découlant de lALENA dautoriser
la prestation de services transfrontières de camionnage, les gouvernements
américain et mexicain tiennent des consultations le 19 janvier 1996
sans toutefois parvenir à régler le différend.
Juillet 1998
Le Mexique demande la convocation de la Commission du libre-échange
(article 2007)
Le
22 septembre 1998, le Mexique demande officiellement la convocation de
la Commission du libre-échange
en invoquant le refus des États-Unis (1) douvrir aux transporteurs
mexicains laccès à leur territoire et (ii) dautoriser
des personnes du Mexique à établir des entreprises de camionnage
en vue de fournir des services de transport de chargements internationaux
entre des points du territoire américain.
La
Commission du libre-échange se réunit le 19 août 1998,
mais ne parvient pas à régler le différend.
Septembre 1998
Le Mexique demande linstitution dun groupe spécial
arbitral en vertu du chapitre 20 de lALENA
Le
22 septembre 1998, le gouvernement du Mexique demande, en vertu du paragraphe 2008(1)
de lALENA, linstitution dun groupe spécial arbitral
pour examiner le différend.
Le
10 décembre 1999, les États-Unis demandent la tenue de consultations
avec le Mexique touchant le refus imputé à celui-ci de donner
accès à son marché intérieur aux fournisseurs américains
de services de camionnage par mesure de rétorsion. Ils demandent
alors aussi que la procédure engagée par eux contre le Mexique
à propos des services transfrontières de camionnage, si elle
devait atteindre le stade de lexamen par un groupe spécial,
soit jointe à la présente procédure. Les consultations
entre le Mexique et les États-Unis ont lieu le 7 janvier 2000; elles
naboutissent ni à un règlement du différend, ni
à lentente nécessaire pour saisir le même groupe
spécial des deux affaires.
Février 2000
Institution dun groupe spécial pour régler le différend
mexicain
Le
Mexique et les États-Unis forment un groupe arbitral pour se pencher
sur les revendications du Mexique en février 2000. Le groupe est
composé de deux ressortissants américains, de deux ressortissants
mexicains et dun président du Royaume-Uni.
Février 2000
Les É.-U. demandent la convocation de la Commission du libre-échange
Le
2 février 2000, les États-Unis demandent la convocation de la
Commission du libre-échange instituée par lALENA pour
quelle examine le refus daccès par mesure de rétorsion
imputée au Mexique et demandent de nouveau la jonction des deux
affaires.
Février 2000
Février 2001 Procédures dexamen du Groupe spécial
Le
14 février 2000, le Mexique dépose son mémoire initial,
qui est suivi par le dépôt du contre-mémoire américain,
le 23 février 2000. Le Canada dépose sa communication à
titre de tierce partie le 22 février 2000. Le groupe demande ensuite
aux Parties de se conformer au calendrier suivant pour le reste de la
procédure :
- 3 avril 2000 Dépôt
du deuxième mémoire du Mexique
- 24 avril 2000 Dépôt
du deuxième mémoire des États-Unis
- 24 avril 2000 Dépôt
de la communication du Canada à titre de tierce partie
- 17 mai 2000 Audience à Washington
(D.C.)
Le 16 mai 2000, les États-Unis
demandent au Groupe spécial de constituer un conseil dexamen
scientifique en vertu de larticle 2015 de lALENA. Ils soutiennent
que les Parties ne sentendent pas sur un certain nombre de questions
factuelles concernant la sécurité des camions. Ils soutiennent
quil vaut mieux confier à des experts lexamen de questions
aussi « techniques et complexes ». Ils affirment aussi
que la constitution dun conseil dexamen scientifique contribuera
à la crédibilité du système de règlement des
différends et à son acceptation par le public.
Laudience a lieu
comme prévu à Washington le 17 mai 2000. Le 10 juillet 2000, le
Groupe spécial émet une ordonnance dans laquelle il rejette
la demande de constitution dun conseil dexamen scientifique.
Il présente son rapport initial aux Parties le 29 novembre 2000.
Le 13 décembre 2000,
les Parties communiquent aux membres du Groupe spécial leurs observations
sur le rapport initial.
Les
5 et 8 janvier 2001, sur demande du Groupe spécial relayée par
le Secrétariat, les Parties présentent leurs réponses
aux observations communiquées le 13 décembre.
Février 2001 Le
Groupe spécial rend une décision en faveur du Mexique
Le
Groupe spécial a cherché à déterminer si la politique
générale des États-Unis de ne pas donner suite aux demandes
de transporteurs mexicains respectait les obligations des États-Unis
en vertu de lALENA. Il a jugé quelle y contrevenait.
En ce qui a trait aux obligations en matière dinvestissement
découlant de lALENA, le Groupe spécial a conclu que
les États-Unis devaient lever les restrictions imposées à
légard des investissements mexicains dans des entreprises
de camionnage américaines engagées dans le transport de chargements
internationaux.
Le
Groupe spécial a recommandé que les États-Unis prennent
les mesures nécessaires pour mettre leurs pratiques relatives aux
services transfrontières de camionnage et à linvestissement
international en conformité avec les obligations découlant
pour eux des dispositions applicables de lALENA.
Novembre 2002
Le président Bush lève les moratoires
Le
27 novembre 2002, le président Bush lève les moratoires et ordonne
au Département des Transports dagir rapidement pour mettre
en uvre le changement. Au moment de lever le moratoire, le président Bush
souligne que les exploitants mexicains seront assujettis aux mêmes
lois, règlements et procédures en vigueur à léchelle
fédérale et dans chaque État, que ceux applicables aux
exploitants américains.
Janvier 2003
La Cour dappel de circuit des É.-U. surseoit durgence
à la lapplication de la décision de Bush
Le
16 janvier 2003, la 9e Cour dappel de circuit des É.-U.
statue que le gouvernement fédéral doit procéder à
un examen environnemental avant de lever le moratoire à légard
des camions mexicains.
Le jugement faisait suite
à une demande dune coalition dentreprises oeuvrant
dans les domaines de lenvironnement, du syndicat et du camionnage
en vue dobtenir une suspension durgence de la levée
du moratoire décrétée par le président Bush à
légard des camions mexicains en novembre 2002.
Le juge Kim McLane Wardlaw
écrit dans son jugement que « même si nous convenons de
limportance pour les États-Unis de se conformer à ses
obligations envers son voisin du sud en vertu dun traité
»,
cela ne doit pas se faire « au détriment du respect des lois
américaines en matière denvironnement ».
La Fraternité internationale
des teamsters, lun des groupes de la coalition opposés à
louverture de la frontière aux camions mexicains, soutient
que les camions mexicains sont généralement plus vieux et
plus polluants que les camions américains. Les transporteurs mexicains
répliquent cependant que les vieux modèles sont principalement
les véhicules de camionnage qui ne circulent que dans les zones
commerciales restreintes aux États-Unis et reviennent ensuite au
Mexique.
LAdministration
Bush se dit confiante de pouvoir trouver une façon douvrir
les routes américaines aux camions mexicains tout en respectant
la réglementation américaine en matière denvironnement.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, fait savoir quune
décision na été prise quant à la façon
dont le gouvernement se conformera aux exigences de lordonnance
de la Court de circuit et que la question est à létude.
Partie III Sujets dateliers sur le
règlement des différends
Sujets
relatifs au règlement interétatique des différends
Les
sujets suivants sont proposés à titre indicatif. Dautres
sujets ou des sujets différents peuvent être débattus,
selon les intérêts des délégués.
Sujet 1 : Portée des mesures
assujetties à des consultations et/ou au
règlement
de différends
Voir :
paragraphes 10 et 19 du texte proposé.
Les Parties devraient-elles
être en mesure de contester uniquement les mesures qui sont entrées
en vigueur ou celles qui sont proposées? Les Parties devraient-elles
demander des consultations uniquement sur les mesures qui sont entrées
en vigueur ou si les consultations devraient pouvoir aussi porter sur
des mesures proposées?
Sujet 2 : Participation
non gouvernementale au règlement
des différends
Voir :
paragraphes 24, 44, 26, 207 à 210 et 259 du texte proposé.
Bien des ONG ont critiqué
le caractère exclusif de la procédure de règlement des
différends prévue dans les accords commerciaux. Cette procédure
devrait-elle être plus ouverte? Devrait-on autoriser les ONG ou dautres
intervenants à participer, par exemple, en présentant des
mémoires damicus curiae? Les audiences devraient-elles être
ouvertes au public? Les plaidoyers des Parties devraient-ils être
accessibles? Les décisions devraient-elles être rendues publiques?
Sujet 3 : Traitement
spécial et
différencié à légard des
pays en développement
Voir :
paragraphes 31, 60, 72 et 215 du texte proposé.
Sujet 4 : Choix
de la tribune
Voir :
paragraphes 33, 34 et 115 du texte proposé.
Le texte proposé donne
aux Parties le choix entre le mécanisme de règlement des différends
de lAccord de lOMC et celui de la ZLEA. Toutefois, si une
Partie a le choix entre un règlement des différends en vertu
de la ZLEA ou dun accord infrarégional, (p. ex., ALENA, MERCOSUR)
elle doit choisir le mécanisme de règlement des différends
de laccord infrarégional.
Si
un différend peut être assujetti aux dispositions de règlement
des différends dun accord infrarégional de même
quà celles de la ZLEA, les Parties devraient-elles être
autorisées à choisir le mécanisme de règlement des
différends approprié?
Sujet 5 : Mesures
provisoires
Voir :
paragraphes 97 à 101 du texte proposé.
Faudrait-il autoriser un
groupe neutre à ordonner lapplication de mesures provisoires?
Faudrait-il autoriser un groupe neutre à recommander lapplication
de mesures provisoires? Dans laffirmative, quelle est la norme
à appliquer?
Voir :
paragraphes 176 et suivants du texte proposé.
Si les mesures prises par
une Partie contreviennent à une obligation découlant de la
ZLEA, une recommandation est faite pour rendre lesdites mesures conformes.
Si la Partie contrevenante nobtempère pas, la Partie plaignante
peut se sentir autorisée à suspendre les avantages consentis
à cette dernière ou essayer de négocier une indemnisation.
Faudrait-il habiliter une
Partie neutre à ordonner/recommander que la Partie contrevenante
verse une indemnisation à lautre Partie qui a subi un préjudice?
Tous les pays/économies de petite taille devraient-elles être
autorisées à réclamer des dommages-intérêts
en guise de solution de rechange à la suspension des avantages?
Voir :
paragraphes 155 et suivants du texte proposé.
Le texte proposé établira
un organe dappel permanent pour revoir les décisions du Groupe
neutre.
Létablissement
dun organe dappel est-il nécessaire ou souhaitable?
Un organe dappel devrait-il être en mesure/tenu de renvoyer
les différends au Groupe neutre pour fins de révision à
la lumière de la décision de lorgane dappel?
Sujets
relatifs au règlement des différends opposant un investisseur
et un État
Les
sujets suivants sont proposés à titre indicatif. Dautres
sujets ou des sujets différents peuvent être débattus,
selon les intérêts des délégués.
Sujet 1 : Portée des mesures
assujetties au règlement
des différends opposant
un investisseur et un État
Voir :
articles 1 et 13 du texte proposé.
Les différents libellés
du texte proposé soulèvent un certain nombre de questions
concernant la portée de lapplication du chapitre consacré
à linvestissement.
La protection à légard
des investissements devrait-elle sappliquer aux investissements
déjà existants avant la ZLEA ou uniquement à ceux faits
après lentrée en vigueur de la ZLEA? Devrait-il y avoir
des zones réservées dactivités économiques
lorsque des investisseurs et leurs investissements ne jouissent daucune
protection (p. ex., les services financiers) ou sils peuvent carrément
être exclus (p. ex., prestation daide sociale, éducation
publique, soins de santé)?
Sujet 2 : Le choix
de la tribune
Voir :
paragraphe 15(5) du texte proposé.
Les différentes versions
proposées soulèvent la question de savoir si linvestisseur
a le droit de choisir entre les tribunaux nationaux de lÉtat
hôte et larbitrage international, ou si lÉtat
hôte peut exiger que linvestisseur ne fasse appel uniquement
quaux tribunaux nationaux.
LÉtat hôte
devrait-il pouvoir exiger que linvestisseur dépose sa plainte
auprès des tribunaux nationaux plutôt que de la soumettre
à larbitrage international?
Sujet 3 : Coûts et traitement
spécial pour
les petits pays Quen est-il des frais engagés par les
investisseurs?
Voir :
paragraphe 15(1) et alinéa 15(23)(3) du texte proposé.
La question des frais est
importante à la fois pour les investisseurs et pour les économies
de petite taille qui peuvent ne pas avoir les ressources financières
pour bien défendre en arbitrage une plainte déposée par
un investisseur. Le texte proposé prévoit que les économies
de petite taille auront droit à de laide pour absorber les
frais juridiques dun arbitrage opposant un investisseur et un
État (voir : paragraphe 15(1)). Devrait-il y avoir un mécanisme
pour aider les investisseurs à assumer leurs frais juridiques,
en particulier lorsque plusieurs Parties interviennent dans larbitrage.
Il y a lieu de noter que toutes les Parties à la ZLEA ont le droit
dintervenir et de présenter des arguments dans tous les différends
opposant un investisseur et un État. Ces interventions peuvent
hausser de façon spectaculaire le coût de la procédure.
Les tribunaux darbitrage
devraient-ils être entièrement libres dattribuer des
dépens? Devrait-il y avoir une disposition spéciale pour obliger
les Parties intervenantes à indemniser linvestisseur pour
les frais supplémentaires occasionnés par leur intervention?
Si lon accepte dindemniser les économies de petite
taille pour les frais juridiques engagés en rapport avec un différend,
cette indemnisation devrait-elle se limiter uniquement aux différends
où « un investisseur dune économie importante ou
développée est en cause »?
Sujet 4 : Transparence
et participation de tiers
Bien
des groupes dintérêts ont fait valoir que les différends
opposant un investisseur et un État devraient être ouverts
au public et que les groupes dintérêt tiers devraient
avoir le droit dintervenir dans larbitrage?
Quel
degré de transparence devrait-il y avoir dans le règlement
dun différend opposant un investisseur et un État? Tous
les plaidoyers devraient-ils être publiés? Les groupes dintérêt
devraient-ils avoir le droit de participer? Faudrait-il limiter les interventions?
Lintervention de participants supplémentaires dans un différend
accroît le coût de larbitrage. Si la participation de
tiers ou dONG est autorisée, qui assumera les frais supplémentaires
engagés?
Partie IV Modèles de processus de
règlement des différends proposés dans la ZLEA
Représentation
du processus de règlement des différends de l OMC
The Panel Process
NOTE: Some times are maximums, some minimums, some binding, some not. |
The various stages a dispute can go through in the WTO. At all
stages, countries in dispute are encouraged to consult each other in
order to settle out of court. At all stages, the WTO director-general
is available to offer his good offices, to mediate or to help achieve
conciliation.
Source: http://www.wto.org/english/thewto_e/whatis_e/tif_e/disp2_e.htm |
Représentation graphique du processus
de règlement des différends de lALENA
Canada United States Mexico
Dispute
Proposition
de chapitre sur les investissements
Proposition
de ch apitre sur le règlement des différends
|